Archives expositions collectives 2ème semestre 2015

ArtCatalyse-archives

  Minimal nature
  Fondation Espace Ecureuil, Musée des Augustins, Chapelle des
  carmélites, Toulouse

  02.10 -  30.12.2015

Communiqué de presse


Fondamentalement étrangère à l’homme, difficilement réductible à un tout, indomptable, la nature paraît indéchiffrable. Elle est pourtant l’objet d’une quête artistique sans cesse renouvelée. Les artistes tentent bien sûr de la représenter, d’en fabriquer des artefacts dans leurs oeuvres. Mais c’est toujours leur propre conception de la nature qu’ils énoncent.


« Nous sommes entourés de choses que nous n’avons pas créées et qui ont une vie et une structure différente des nôtres : les arbres, les fleurs, les prairies, les rivières, les collines, les nuages (…) elles ont constitué à la longue une entité à laquelle nous avons donné le nom de nature, et c’est à travers la peinture de paysage que nous pouvons saisir les diverses formes qu’a prises notre conception de la nature. » Kenneth Clark


Articulée autour de « l’idée de la nature », cette exposition est avant tout l’occasion de rassembler des artistes et des œuvres emblématiques de courants inauguraux de l’art contemporain (art minimal, art conceptuel, land art) Roger Ackling, Carl Andre, Iain & Ingrid Baxter, Hamish Fulton, Nancy Holt, Wolfgang Laib, Barbara et Michael Leisgen, Jochen Lempert, Sol LeWitt, Richard Long, Donald Judd, Sarkis, Nils-Udo, Lawrence Weiner et, dans une perspective historique, de les associer à des tableaux classiques issus des collections du musée des Augustins, partenaire de l’exposition : Gustave Courbet, Josse II de Momper, Jean-Charles-Joseph Rémond, Pierre-Jacques Volaire, Axel Wilhelm Nordgren, enfin de les confronter à des artistes actuels : Laurence Cathala, Clément Roche, Fari Shams, Ludwig et Carole Nosella, Sabine Delcour.





























































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En dépit de leurs différences d’origine, ou de médium, et de leurs singularités formelles, chacune de ces oeuvres témoigne de la même insistance de l’artiste à vouloir décrypter la nature, à y chercher un ordre sous-jacent dans lequel l’homme parviendrait à trouver sa place, son statut, sa légitimité d’être au monde. Les toiles du musée des Augustins, réparties dans l’ensemble de l’espace d’exposition rappellent que la peinture de paysage a été l’expression de l’idée de nature la plus répandue jusqu’au milieu du XIXe siècle. La nature y est généralement recomposée selon une forme qui sied au peintre. Il s’improvise parfois géographe ou naturaliste témoignant de la réalité topographique ou géologique du paysage; d’autres fois, par fidélité au mythe, il habille la nature de sentiments humains ou de déchaînements divins. A l’instar d’un Courbet dont l’oeil précurseur voit la nature pour ce qu’elle est sans chercher à la rendre pittoresque, les artistes de la fin des années soixante (art minimal, art conceptuel et land art) ont précisément renoncé à cette nature fabriquée et aliénée aux conventions culturelles de représentation pour inventer de nouveaux rapports entre l’art et la nature à travers lesquels s’exprimait une nouvelle relation au monde.


Cercles de pierre, parallélépipèdes de bois, pyramides, cubes… L’esthétique minimale ou la pauvreté des matériaux utilisés n’est pas tant une volonté d’épurer la forme que de retrouver dans l’oeuvre les conditions d’une expérience essentielle avec l’espace, le temps, la matière. L’oeuvre n’est plus un objet, elle est devenue une idée à penser ou une expérience physique ou sensible à éprouver. La nature elle-même n’est plus à interpréter, elle est à vivre. « Simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience ». Robert Morris


Les oeuvres des artistes actuels s’insèrent dans l’exposition en jouant de l’association ou du contrepoint avec leurs aînés. Des rapprochements formels, des signes récurrents rendent familières des oeuvres éloignées dans le temps et inscrivent l’idée de nature dans une continuité historique. On peut imaginer et espérer que la cohérence et la richesse de cette pensée artistique de la nature puisse largement apporter sa contribution à la question devenue urgente de notre relation au monde naturel.


L’exposition se déploie dans trois lieux différents :

Au 42 rue du Languedoc où sont présentées des oeuvres emblématiques des courants minimaliste et conceptuel confrontées à des peintures du musée des Augustins et à des oeuvres d’artistes actuels.

Au musée des Augustins : en réponse à la présentation de peintures de paysage dans l’espace du 42 rue du Languedoc, le musée des Augustins accueille des oeuvres d’art contemporain disséminées dans les salles de peinture. La rencontre fortuite de plusieurs époques et la confrontation de la peinture avec d’autres médiums - photo, collage, installation, vidéo - invitent le spectateur à des rapprochements ou des oppositions formelles qui engagent une réflexion sur le traitement du thème de la nature dans l’art.

A la Chapelle des Carmélites : Carole Nosella et Ludwig ont réalisé une création in situ à la Chapelle des Carmélites s’intégrant à la fois dans l’exposition Minimal Nature et dans le festival Jardins synthétiques : Les trous Blancs , fictions extrasolaires.


Commissaire d’exposition : Frédéric Jourdain













Minimal nature, Fondation Espace Ecureuil, Musée des Augustins, Toulouse

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Exposition du 2 octobre au 30 décembre 2015. Fondation d’entreprise Espace Ecureuil pour l’art contemporain, 42 rue du Languedoc – 31000 Toulouse (métro Carmes). Tel.: +33 (0)5 62 30 23 30. Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h30. Entrée libre.