Archives expositions collectives 1er semestre 2014

ArtCatalyse-archives

  Lilian Bourgeat, Invendu
  Jardins en terrasses de l’abbaye de Fontfroide, Narbonne

  30.05 - 21.09.2014

Présentation de l’artiste et de l’oeuvre


Depuis plus de dix ans, Lilian Bourgeat réalise principalement des sculptures figuratives et monumentales, dans différents matériaux. Son travail se fonde sur les rapports d’échelle avec des objets simples de notre quotidien. Il réalise des installations à base d’objets surdimensionnés. Ses oeuvres constituent une expérience singulière et déstabilisante pour le public.
Le sens de ses oeuvres, matériellement très présentes, est souvent à déceler dans une critique qui cible les excès de la société, les spéculations dans le monde artistique et parfois aussi la complaisance du public lui-même face à ces abus. Il en résulte des installations qui sollicitent de manière plus ou moins affirmée et surprenante la participation du visiteur, bien qu’il se réfère clairement à son univers familier. Paradoxalement, les oeuvres de Lilian Bourgeat sont à la fois des hommages à Marcel Duchamp et en même temps des « anti-ready-made », puisque ce ne sont pas des objets manufacturés que tout un chacun peut se procurer comme un porte-bouteilles, mais au contraire des pièces uniques, comme le sont traditionnellement les oeuvres d’art fabriquées avec un savoir-faire artisanal.























































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Lilian Bourgeat s’évertue à dépasser l’ordinaire, au sens propre comme au sens figuré. Il s’attache à sur-dimensionner des objets de notre quotidien (salon de jardin, bottes en caoutchouc, plots de signalisation, banc public, etc.), tout en conservant leur exact aspect d’origine, ceux-ci s’affranchissant de leur banalité pour acquérir un statut extraordinaire, quasi iconique.

On s’approche ainsi d’un univers du conte où les objets usuels deviennent autonomes et doués d’une certaine magie. C’est le cas pour cette fausse paire de bottes en caoutchouc, hautes de plus de trois
mètres, constituée de deux pieds droits. Cet objet, intégré dans l’imagerie collective, devient alors l’enjeu de réflexions sur l’improbable réalité de ces objets familiers devenus absurdes par l’étourderie d’un distrait. L’idée de symétrie propre à la sculpture classique est contrariée, tout comme le rapport d’échelle nous révèle une expérience inattendue. Ces bottes, dont le sous-titre est Invendu, nous plonge dans un univers que Lewis Carroll ne renierait pas. En effet, deux autres paires de bottes, représentant des pieds gauches ont été réalisées, dans l’hypothèse de reconstituer la paire normale, un
jour. En attendant, cette paire est la propriété de la Ville de Boulogne-sur-Mer.


Copie exacte mais gigantesque des bottes du jardinier, cette oeuvre nous révèle ce jardin classique, espace symbolique majeur de notre civilisation, sur le mode du conte, faisant ainsi du jardinier, une sorte de héros contemporain. L’oeuvre apparaît comme un monument dédié à la simplicité d’un outil, banal s’il en est, mais qui rend soudain concrètes les constructions issues de notre imagination. Associée à cet accessoire, une chaise gigantesque vient perturber l’échelle de ce jardin, nous projetant soudain dans une expérience inédite. Monter sur une chaise devient un jeu acrobatique et jubilatoire. Nous devenons alors acteur d’un conte improbable échappé de notre enfance.


Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?

Lilian Bourgeat a également installé d’autres sculptures d’objets monumentaux sur la terrasse du jardin de l’Archevêché à Narbonne: banc, chevalet et pupitre.


Exposition du 30 mai au 21 septembre 2014. Abbaye de Fontfroide, route départementale 613 -11100 – Narbonne. Ouverture des jardins en terrasse tous les jours de 10h à 17h30.








Lilian Bourgeat, Invendu, Jardins en terrasses de l’abbaye de Fontfroide, Narbonne

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