Archives expositions collectives 1er semestre 2013

Texte de Marc Geneix, commissaire d’exposition


La nuit et ce qu’elle induit de changement dans notre perception de l’espace ou du temps, la nuit noire, solitaire, la nuit comme limite entre fiction et réalité enfin, sont les éléments du nouveau projet hors les murs d’In extenso à La station : La nuit, nous verrons clair.


Ce titre à l’accent prophétique fait référence à un poème d’Henri Michaux, extrait du recueil La nuit remue [1], dans lequel l’écrivain évoque ce moment d’entre-deux où les frontières du réel se dissolvent, où la certitude fait place à l’incertitude, la quiétude à l’inquiétude, le clair à l’obscur, et où la raison et le discernement se laissent envahir par de sombres doutes.





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Exposition du 13 mars au 20 avril 2013. La Station, Halle Sud du chantier, 89 rue du Turin - 06300 Nice. Tél.: +33 (0)4 93 56 99 57. Ouverture du mercredi au samedi de 13h à 19h et sur rendez-vous. Fermé les jours fériés.

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  La nuit, nous verrons clair

  La Station, Nice

  13.03 - 20.04.2013

Plongée dans l’obscurité, La nuit nous verrons clair présente les oeuvres de 9 artistes et explore les limites de notre être comme celles d’une frontière entre mondes extérieurs et intérieurs. Une grande barre d’immeuble suspendue (Le Haut du Lièvre, Bertrand Lamarche), un orage (Zibens, Cécile Beau), un campement archaïque, païen et urbain (Basement Ape, Clémence Seilles), un sol enfin (Cosmos, Pierre-Olivier Arnaud) organise l’espace de cette nuit noire dans laquelle nous vous proposons de plonger.


Les frontières de cette nuit sont diffuses, il faut un temps avant que nos yeux s’acclimatent à la pénombre. Là, nous voyons clair. Une affiche mutique de Pierre-Olivier Arnaud propose d’emblée une lecture de ressenti (Sans titre 66, Projet Cosmos). Le parcours est jonché d’images, nous avançons à l’aveugle au devant des Neiges noires de Rémy Brière, tandis que des éclats de lumières trouent l’obscurité (Poster / at night, Sébastien Maloberti).


Nous rencontrons d’étranges atmosphères, des lieux, des indices, des vies en fragments (Damien Cadio), la nuit est remuée, nous titubons (Ellipse, Charles Lopez), et, dans un silence à peine entrecoupé de tonnerres électriques, nous tentons de comprendre cette image hallucinatoire, cette bouche irisée, qui semble nous confier un message interdit (N(I)B, Mark Titchner).


Composée d’œuvres s’inscrivant dans des registres très différents, cette exposition est imaginée comme un voyage lascif dans une nuit où le réel a peut-être viré de bord. Une traversée à la fois calme et agitée, sombre et claire, rassurante et angoissante.


[1] « Contre ! », in La nuit remue – Henri Michaux, 1935. La phrase exacte est « Dans le noir, nous verrons clair mes frères. »


ArtCatalyse-archives La nuit, nous verrons clair, La Station, Nice