Archives expositions collectives 1er semestre 2013

Extraits du dossier de presse


Les 11 installations ci-après, à la fois variées et interdisciplinaires, mais on peut le constater, très complémentaires et interactives, ont toutes été réalisées récemment sur production ou re-création pour le Domaine de Chamarande. Images à venir ultérieurement.


Bruit du Frigo, Chamarande les bains

C’est autour de l’idée des vacances et des pratiques populaires estivales que le collectif Bruit du Frigo investit le Domaine avec Chamarande les bains. Praticable, conviviale et ludique, cette installation à l’échelle du paysage est un véritable spot de vacances pour se retrouver en famille et entre amis, se baigner, se tremper les pieds, s’allonger, se faire bronzer, et siroter une limonade en contemplant un paysage exceptionnel.

Le Domaine de Chamarande, labellisé « jardin remarquable », parc historique, anciennement lieu de villégiature de la noblesse, inspire souvent aux visiteurs une forme de bienséance et de retenue. Prenant le contre-pied de cette étiquette patrimoniale, Bruit du Frigo rappelle aux habitants de Chamarande et aux visiteurs que le Domaine est avant tout un jardin public ouvert à tous : un lieu d’usages collectifs, de détente, de bien-être et d’hospitalité.


Christophe Clottes, Cuisine de campagne

Pour l’exposition Milieux, Christophe Clottes installe sa Cuisine de campagne à proximité d’un lieu insolite du Domaine surnommé « les cressonnières ». Il s’agit d’une série de bassins en pierre, probablement destinés à la culture du cresson de fontaine et à l’élevage de truites. Autrefois, le Domaine de Chamarande était entièrement dédié aux pratiques agricoles et à la production alimentaire. Seules quelques traces de ce passé subsistent aujourd’hui.

La Cuisine de campagne de Christophe Clottes invite donc à se remémorer les vertus nourricières de la nature. Cette cuisine mobile et itinérante, composée d’un abri, de mobilier et d’ustensiles rudimentaires, invite le promeneur à récolter, cuisiner et consommer les plantes comestibles présentes sur le site. Cresson, oseille, ortie, pissenlit et autres champignons, c’est tout un éventail gustatif qui se révèle à nos yeux.


Olivier Darné, Investir le ciel

Investir le ciel est une ruche monumentale et utopique offrant aux visiteurs la possibilité de transformer leur argent en abeilles et de prendre part à la restauration des milieux naturels. L’agriculture intensive, pratiquée notamment sur les champs qui entourent le Domaine, produit des richesses alimentaires et monétaires en détruisant la biodiversité, et plus particulièrement les abeilles.

Pourtant, la pollinisation faite par ces butineuses est indispensable dans la chaîne du vivant ; elle assure la « fructification » de plus de 70% de notre alimentation. Ce service gratuit rendu par la nature est évalué à environ 150 milliards d’euros par an. Olivier Darné démontre que le mécanisme inverse est possible et que la vie peut jaillir de « l’argent mort ». Investir le ciel est une oeuvre lien qui crée à son tour un réseau d’intérêts entre les fleurs, les abeilles, les apiculteurs et les visiteurs. Gérée par l’apiculteur du Domaine, la ruche est à la fois un centre de pollinisation rurbain, un lieu d’élevage d’abeilles reines et un observatoire de la biodiversité locale. Au cours de l’exposition Milieux, les visiteurs pourront ainsi observer le ballet incessant des abeilles et, à la clé, partager le butin de miel qui aura été produit (RDV le 22 septembre prochain).


Nicolas Floc’h, Immersion d’Etude RA #1

Depuis 2010, Nicolas Floc’h s’intéresse au milieu sous-marin et à la question des récifs artificiels. Dans le monde sous-marin, les récifs font figure de villes, ce sont de véritables ensembles architecturaux régis par leurs propres règles d’urbanisme. Pour pallier à la pollution, à l’exploitation exacerbée des océans et la sur-pêche, des récifs artificiels sont de plus en plus souvent utilisés pour multiplier les habitats et renforcer ainsi les milieux halieutiques. Généralement en béton ou en métal, d’une dimension imposante, les récifs artificiels sont colonisés en quelques années par la flore et la faune qui les transforment en sculptures vivantes. Nicolas Floc’h s’intéresse à ces nouveaux paysages créés par l’homme, en répertorie les formes et en propose de nouvelles.

Pour l’exposition Salons (Domaine de Chamarande, printemps-été 2012), il avait réalisé son premier prototype de récif artificiel marin mêlant réflexion esthétique et fonctionnalité. Aujourd’hui, dans le cadre de Milieux, il procède à la deuxième phase de son projet : l’immersion du récif dans le plan d’eau du Domaine. Comment les poissons vont-ils réagir ? Quelle forme le récif prendra-t-il avec le temps ?


Etienne de France, Rise

Étienne de France s’empare de l’île du Domaine pour bâtir Rise, évocation d’une véritable cité arboricole. Un ensemble de constructions géométriques suspendues dans les arbres nous renvoie aux modèles architecturaux des cités méso-américaines, où chaque édifice avait une identité visuelle éclairant sa fonction. Le monumentalisme et le sublime cèdent ici la place à de fragiles structures . L’artiste explore l’île de Chamarande comme le lieu de la résistance et de la liberté : une île elle-même néede l’imagination utopique d’un paysagiste du XVIIIe siècle, et attribuée au peintre Hubert Robert (1733-1808).

C’est dans l’isolement et les délimitations des archipels que naissent des expériences marginales et libertaires. L’artiste crée une œuvre de contestation poétique qui invite à redécouvrir la notion de liberté en explorant les détails d’un paysage façonné par l’homme. Rise inaugure la nouvelle série de travaux - The GreenArchipelago, développée par l’artiste dans le cadre d’une résidence au Domaine de Chamarande. Elle donnera lieu à un film et une série de sculptures sur le thème de l’exploration et de l’utopie.


Camille Goujon, Naturoscopes

Au détour d’un chemin, le promeneur tombe nez à nez avec l’un des Naturoscopes de Camille Goujon. Ces dispositifs simples, composés d’une boîte disposée sur un pied, reprennent l’esthétique des jumelles d’observation, implantées sur les sites touristiques. Le public est invité à regarder avec ces Naturoscopes pour découvrir des images dissimulées dans le paysage. Celles-ci sont créées par un effet d’optique produit par l’agencement d’éléments naturels et sculpturaux dans le paysage.

Depuis toujours, les artistes ont travaillé sur l’illusion d’optique, le trompe-l’oeil, les images à double sens. À la Renaissance, les peintres dissimulent des visages dans leurs paysages, et un rocher devient un nez, la fenêtre, un donjon, un œil… Avec le naturoscope, l’artiste inverse le procédé, ce n’est plus le tableau qui représente un paysage anthropomorphe, mais le paysage lui-même qui devient un tableau à plusieurs niveaux de lecture. Les Naturoscopes aiguisent la perception visuelle du promeneur. Ils interrogent notre regard anthropocentrique sur la nature dicté par la perspective et son point de vue unique, qui ont inspiré ici les tracés du jardin historique.


Suzanne Husky, Jardin France Sauvage

La prairie du Domaine de Chamarande fut un jardin à la française, ponctué de compositions végétales et de jeux d’eau. Suzanne Husky fait écho à ce jardin disparu en réalisant un gigantesque labyrinthe botanique. Mais, cette fois, ses choix sont dictés par les besoins de la terre, le cycle du vivant et la relation des espèces avec leur environnement : usage du labour naturel, compost urbain pour une fertilisation naturelle du terrain, puis plantations réalisées selon les besoins des oiseaux et des insectes.

Un mélange de variétés produisant de nombreuses graines fournira une source d’alimentation aux oiseaux granivores, tout au long de l’automne et de l’hiver. Un mélange mellifère destiné aux grands espaces fleurissant l’été constituera une alimentation idéale pour les abeilles domestiques. Le tout favorisant le brassage génétique et la diversité biologique du site. En travaillant avec le vivant, ce jardin s’oppose à la nécronomie (économie basée sur la mort) de notre temps. Cette création unique amène également le visiteur à réfléchir à ses impacts sur l’environnement, car il cache en son cœur un jardin du futur, celui qui, à cause du changement climatique, sera composé de plantes adaptées au climat de demain.


Nicolas Milhé

Spécialiste en « esthétique de la perturbation et de la création contextuelle » selon les termes de Paul Ardenne, Nicolas Milhé excelle dans la manipulation des signes. En employant des attributs mercantiles, l’artiste explore les relations culturelles et tente de les détourner au profit d’intérêts privés. Ici, l’art est un passage, une promesse d’interpénétration des catégories et des différentes sphères sociales.


Liliana Motta, Habiter la lisière

Habiter la lisière est un projet de grande envergure qui croise le chantier de réhabilitation des lisières de forêt du Domaine de Chamarande. Inscrite dans le programme de gestion différenciée du parc, la recréation d’une lisière entre les deux milieux que sont la forêt et la prairie est indispensable pour le maintien d’un écosystème équilibré. Elle permet notamment de réguler le taux de migration des espèces propres à chacun des milieux. Les lisières, comme les rives, les haies ou les périphériques, sont des milieux de transition, de passages et de rencontres exceptionnellement riches et fertiles.

Liliana Motta, en collaboration avec le « Laboratoire du dehors », projet pédagogique créé par l’Association Les Hautes Haies et soutenu par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, module une lisière habitable, dans laquelle est installé un salon en hauteur qui permet aux visiteurs de prendre de l’altitude pour mieux appréhender le paysage.


Laurent Tixasor, Le pont

Poursuivant son travail sur l’architecture transitoire et opportuniste, Laurent Tixador s’installe un mois durant à Chamarande pour développer, en ne partant de rien, une véritable usine de fabrication de haches aux confins du Domaine qui serviront in fine à la construction d’un pont.

Cette entreprise donne lieu à une série de gestes ancestraux : ramasser la première pierre, trouver les moyens de la polir, en faire une hache, s’en servir pour abattre la branche qui servira au manche puis abattre l’arbre avec la hache, tous ces gestes témoignent du processus d’adaptation de l’homme à son environnement. L’artiste et son équipe n’auront que leur force physique, leur ingéniosité, leur enthousiasme, et les matériaux disponibles dans leur environnement immédiat, pour établir cet atelier de production, dans l’esprit de l’architecture vernaculaire.

Jour après jour, l’atelier deviendra plus confortable, plus efficace, plus productif, engendrant une nouvelle société, évolutive, à l’aide du savant usage des ressources disponibles, mais aussi d’un mode de vie libre.











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Atelier Van Lieshout

Dans le cadre des Brunchs de Chamarande à compter du 2 juin, l’Atelier Van Lieshout dessine et conçoit un espace de convivialité inédit pour accueillir les convives du Domaine. En dehors de cette programmation dominicale, le mobilier sera à la libre disposition des visiteurs.

  Autres productions pour Milieux

  Parc du Domaine départemental de Chamarande

  26.05 - 30.09.2013

Exposition du 26 mai au 30 septembre 2013. Domaine départemental de Chamarande, 38 rue du Commandant Arnoux - 91730 Chamarande. Tél.: +33 (0)1 60 82 52 01. Parc ouvert toute l’année d’avril à mai de 9h à 19h, de juin à septembre de 9h à 20h. Château et Fabriques : ouverts tous les jours de 12h à 19h.



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